Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 18:26

   

 

ng bottinesCe soir là je décidai d'étrenner mes nouvelles bottines.

Achetées à la va vite un samedi midi chez un French Trotters rempli de femmes avide d'achat, j'avais décrété que je serais capable de parcourir Paris sur des talons de quinze centimètres.

Carrie Bradshaw a bien tenu six saisons sur des échasses dans les rues de New York alors pourquoi pas Ninon Gold!

En plus, ce soir, ma copine voisine Marie m'embarque à un cocktail de bienfaisance. Bienfaisance pour qui pour quoi? Je ne sais pas mais it's so Sex and the city que pour l'occasion, je mets ma robe nude Vanessa Bruno en hommage à l'épisode ou Carrie porte la sienne lors de sa première date avec Big.



Tonight, I feel like à New York et je m'imagine déjà à ce cocktail une coupe de champagne à la main, remarquée par ce beau blond un peu en retrait qui m'aborde en m'avouant du bout des lèvres qu'il est le parrain de ce cocktail de bienfaisance en l'honneur de Choses et de Bidules. Le jeune homme plein d'avenir me prend la main et me propose de partir en croisière sur les Iles Cook à bord de son yacht privé dès ce soir.

 

Retour à la réalité, il est 20 heures, je suis en retard.

J'enfile les bottines, fais trois petits pas jusqu'à mon miroir et prends note de deux détails de la plus haute importance mais dont je n'ai pas le temps de me préoccuper plus sérieusement.

Détail numéro 1, les bottines sont trop petites et trop hautes. Risque de tordage de cheville ou d'amputation d'orteils. Solution? Une paire de ballerines glissée dans le micro sac pour le chemin du retour.

Détail numéro 2, la robe nude est très nude, trop nude et bien trop moulante... Risque de faire un peu trop d'ombre à Zahia Dehar. Solution? Garder mon Loup sur les épaules toute la soirée.

Un coup de mascara, crinière folle et me voilà prête à rendre gagas les vieux donateurs du cocktail de bienfaisance.

 

Je sors de chez moi en trombe tout en réalisant que j'ai pris le mauvais sac, celui sans mes ballerines. Ca doit être un signe de Dieu qui veut me punir d'avoir acheté ces fichues bottines sans avoir effectuer le petit tour de prestige réglementaire dans le magasin. Pas le courage de remonter le dédale d'escaliers et c'est ainsi débuta la chasse au transport.



Dans un épisode de Sex and the city à New York, Carrie hèle un premier taxi et l'affaire est dans le sac (le sac avec les ballerines). Dans Sex and the city à Paris, le premier taxi n'est pas dispo, le second a terminé son shift et rentre chez lui, le troisième ne veut pas d'une course dans le XVIeme, le quatrième ne veut pas que je monte car j'ai un manteau de fourure (ça faisait longtemps tiens!) et le cinquième m'annonce qu'il ne prend pas de passagers en dehors des stations de taxi. "Et elle est ou cette station?" je m'écris avec impatiance, les pieds (déjà) en compote. "Madame, je vous prierais de ne pas être agressive avec moi" me répond il et le voilà qui remonte sa fenêtre et démarre.

Je cherche une fichue station des yeux et en apperçoit une un peu plus loin. Une dizaine de parisiens font la queue. Je vais mourir, là, seule sur ce trottoir pour cause de compressage de pieds.



Je m'avance vers ces hommes, ces femmes, qui attendent, debout dans le froid. Ils ne réalisent pas, ces bienheureux, la chance qu'ils ont de porter des chaussures à leur taille tandis que moi, Ninon Gold, tel un Jésus sur son chemin de Croix, je souffre le martyr et  attend désespérément un miracle de Dieu, si tant est qu'il existe...

"Ninon?" Cette voix, je la reconnais, c'est Gabriel, preums' dans la queue du taxi. Dieu? Merci! "Tu vas ou habillée dans cette tenue?" Et tel un choeur de tragédie grecque, tous, curieux de savoir ou diable vais je habillée dans cette tenue, se retournent et m'observent discrètement. 

"Je vais à un cocktail de bienfaisance" dis je assez fort pour que le commun des mortel ai accès à info de taille.

"Ahhh, voilà donc ou cette jeune femme se rend avec tant d'aisance. Elle va à un cocktail de bienfaisance" chuchote le Choeur, rassuré

"En l'honneur de quoi?" me demande Gabriel. Je lui réponds que j'n'en sais rien, que je m'en tape et que je suis en retard.

C'est ainsi que sauvée par mon ami, je me retrouvai assise, au chaud dans un taxi.



Whatsapp de Marie "Ninon, je t'attends à l'entrée au cas ou..".



"Au cas ou"? Pourquoi avoir rajouter ce "au cas ou"? "Au cas ou quoi? Au cas ou je me trompe de porte et me retrouve enfermée dans une maison close, destinée à vendre mon corps jusqu'à avoir remboursé ma liberté?" Cette idée me fait sourire mais je ne suis pas rassurée pour autant.



Arrivée à bon port, les pieds un peu reposés, Gabriel m'éjecte du taxi et je tombe nez à nez sur une Marie-ahurie.

"Tu restes à l'entrée au cas ou, quoi???" Dis je à la rigolade

"Au cas ou tu as mis ton Loup! c'est un cocktail contre la violence faite aux animaux..."

Gloups...

Le Loup, véxé, prend vie et glisse de mes épaules, Marie découvre ma tenue très légère

"Et la violence faite aux femmes..."

J'ai comme l'impression que ma tenue n'est pas très réglementaire aux yeux de ma copine voisine.

Marie me rappelle que c'est plus ambiance vieux donateurs en noeuds pap' que teufeurs dans un squat. J'entrouvre les bras et penche la tête sur le côté ambiance "Fidèles apôtres, prenez moi telle que je suis" Ca fait rire Marie.

Feu vert! Cellule de crise évitée, c'est à petit pas que j'entre dans la fausse aux bienfaiteurs. Après tout, tenue indécente ou non, il s'agit d'un cocktail contre la violence faite aux femmes, ce n'est ni ici ni ce soir que je vais me faire lapider. Fière de ma trouvaille, je pénetre dans la salle de réception jusqu'à ce que je m'arrête net. Je suis tétanisée, la musique de fond et les conversations bourdonnent dans mes oreilles, j'ai chaud.

Cellule de crise! Je suis partagée entre le fou rire et la crise nerf. Dans la salle, 80% de princes saoudiens accompagnés de leurs femmes vêtues de la fameuse tenue d'usage, un grand pan de tissu noir laissant tout de même apparaître de beaux yeux maquillés avec soin. Quand au 20% restants, ce sont les serveurs, la fameuse poignée de vieux donateurs et moi. Peu à peu, une rumeur s'élève et chacun commence à remarquer cette jeune femme pleine de cheveux fous et à la robe très moulante et transparente qui s'est glissé parmi eux.



"Ninon mais qu'est ce que tu fous là?" C'est Marie qui vient à ma rescousse. "Tu t'es plantée de porte! Là c'est le cocktail pour blablabla...." Je n'écoute plus, j'ai les jambes en coton et me laisse bravement guider vers la sortie par mon plus fidèle apôtre.

 

Dans la seconde pièce, je me rue sur une chaise avant que mes jambes ne se dérobent et décide de retirer les bottines de mes petits petons blessés.

Parmi les élégants donateurs, moi, Cendrillon des temps modernes, je me dirige vers le bar chercher la coupe de champagne qui fera apparaître le beau prince sur son yacht. Nus pieds et enveloppée d'une robe quasi invisible, il se peut que je le fasse fuir ou que la police m'embarque pour trouble à l'ordre public mais qu'importe car dans le brouhaha du cocktail on peut entendre le choeur de la tragédie grecque se méprendre totalement en récitant ces quelques vers "Quel bel exemple de femme avons nous là qui préfère toute nue s'exhiber plutôt que sous la fourrure d'un pauvre Loup danser".



 

 

Par ninongold
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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 18:26

 

Par ninongold
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 19:40

ninon-gladiateur.jpg J'ai déjà évoqué la passion que je voue au Vélo.

Ce besoin insatiable, debout sur les pédales, de dominer le commun des Mortels. Ce besoin de me faire remarquer parce que je me faufile entre les voitures, vitesse et agilité d'un félin, ce besoin de me faire mater parce que je suis en micro short, débardeur remonté sur le bidon, ce besoin de leur montrer à tous à quel point, moi, Ninon Gold, je suis bien plus bonne que la plus bonne de leur copines.

Oh, c'est peut être du à un manque de reconnaissance quand j'étais mioche mais à vrai dire, je m'en tape et toujours est il que parader sur mon compagnon m'a permis depuis, de crouler sous la reconnaissance d'illustres inconnus, trop heureux d'avoir eu le privilège de croiser une incroyable créature à moitié nue, roulant à toute vitesse debout sur son vélo.

 

Or, voilà une semaine que je me déplace en BM Double pieds depuis qu'un malfrat m'a dérobé ma monture. Un vieux vélo rouillé sans aucun charme ni indispensable attribut si ce n'est sa capacité à supporter mes sauts, dérapages, coup de freins soudains et autres frasques.

Un peu comme une vieille secrétaire devenue à moitié aveugle que l'on garde par habitude et par respect...

 

Lors de la macabre découverte, ma première pensée pleine de tristesse et de haine d'avoir été délestée de mon bien le plus précieux aurait du être:

"Connard de voleur, qu'il crève d'un cancer des couilles à cet instant même. Bon, je vais m'acheter ce nouveau vélo canon à 26 vitesses que j'ai repéré chez Décathlon tandis que le voleur agonise".

 

Ma première pensée fut plutôt:

"Connard de voleur, Tel Aviv est une ville microscopique, moi, Ninon Gold, je vais passer ma vie à la recherche de ce connard de voleur. Et lorsque je le retrouverai..."

Ma pensée s'arrêta là d'autant plus que le soir même, je sortis, m'abeuvrai de vodka redbull et enfouis au fin fond de ma personne toute envie de vengeance... Vengeance qui n'attendait qu'une bonne occasion pour ressurgir tel un loup patient tapi sur la mousse.

 

 

Ce soir, j'ai rendez vous avec Shahar. C'est une blindate. Je n'en ai pas fait depuis ma période Myspace en 2004 mais c'est mon copain Julian qui insiste depuis un mois pour que je rencontre l'animal et sa description était si alléchante que je ne pouvais refuser.

J'ai toujours une dent contre Julian depuis le jour ou il m'envoya postuler pour un job de pute dans un bordel russe (voir Keep Rocco, une Aventure israélienne) mais là, au pire, arrivée à l'entrée du bar, je me rends compte que le Shahar attablé un peu plus loin ne correspond pas à ladite description et je passe mon chemin comme un prince. Shahar prendra ça pour un lapin comme un autre et Julian passera pour un con. Par contre, si le Shahar a vraiment le sex appeal d'un Gladiateur et l'humour de Woddy Allen (pas le contraire, Dieu, s'Il Vous Plait) alors je me dois de susciter en lui un désir fou!

 

Je file chez ma copine Suara qui a un penchant pour les robes de putes et lui en emprunte une, minuscule, en soie sauvage dos nu qui s'ouvre de haut en bas par une fine ouverture éclair. Une paire de talons de quinze centimètres qui va transformer ma démarche, crinière folle, longs cils noirs et levres rouges sang.

Shahar, méfie toi, je mords!

 

Je sors de chez moi, ne doutant pas de l'effet que je vais faire au malheureux tandis qu'au moment de héler un taxi, j' aperçois un trentenaire chauve, roulant paisiblement au guidon de mon vélo. J'en ai le souffle coupé.

C'est mon vélo!

 

Le chauve s'arrête pour refaire son lacet. Je m'approche discrètement. Je tremble. Oui, c'est bien lui. La pédale droite cassée, le panier en ferraille cisaillé, c'est lui. J'ai chaud.

Cellule de Crise!

- Dans un film américain, l'héroïne saute sur le voleur, arrive à le maîtriser car son père était un grand flic respecté, mort sous les balles des Méchants mais qui a eu le temps d'enseigner à sa fille l'art du ju ji tsu. L'héroïne reçoit une médaille d'honneur et verse une larme devant le drapeau américain.

- Dans un film israélien, l'héroïne saute sur le voleur, le voleur avait un tournevis dans sa poche, plante le tournevis dans le ventre de l'héroïne et la laisse crever, seule comme un chien. (Il repart quand même avec le vélo).

- Dans un film français, l'héroïne saute sur le voleur qui n'est autre que François Pignon interprété par Dany Boon. L'histoire se termine bien mais sans Oscars.

 

Dans l'histoire de Ninon Gold, l'héroine, en pleine cellule de crise ne sait pas tuer à mains nues, n'a pas forcément envie de se déverser de son sang dans l'arène et ne trouve pas que le voleur ait une tête de rigolo. C'est pourquoi elle opte pour la filature discrète et accessoirement le 911 local.

 

Oubliés les Shahar gladiateur, je suis à la poursuite de mon voleur de vélo! Par chance, il n'a pas l'air pressé et se ballade l'âme en paix. 

 

"Allo la Police? Je m'appelle Ninon Gold..."

 

Je leur raconte tout... Mon vieux vélo, le chauve trentenaire, mes talons, ma détermination à récupérer mon engin, ma rendez vous galant avec un inconnu que je suis en train de planter, la rue exacte ou je me trouve, les faits et gestes du chauve.

 

"Continuer de le suivre. Nous envoyons quelqu'un. Biiiiiip"

 

D'un coup, voilà que le chauve bifurque dans une rue un peu sombre. Je le suis toujours et réalise que c'est la rue des Putes. Rire. J'aperçois quelques silhouettes déhanchées. Le chauve s'arrête à coté de l'une d'elle. Je ralentis mon pas. Un calme sincère. Aucun bruit jusqu'à ce que l'intro de Don't stop 'till you get enought vienne réveiller les morts du fin fond de ma poche. Le-téléphone-j'ai-oublié-d'l'éteindre. Je suis figée, le voleur se retourne, son regard plongé dans le mien. La pute aussi me regarde et disparait aussi vite qu'elle est apparue. Pendant un tiers de seconde, je me demande ce que j'ai de si effrayant jusqu'à ce que je me rende compte que ce n'est pas moi qu'elle regardait, mais elle, un peu plus loin, tapie, ma vengeance, la voiture de flic toute lumière éteinte, je fais un grand geste et la voilà qui démarre, pimpompime à en éclater les tympans d'un sourd et pile devant le malheureux chauve qui me regarde pétrifié. Ils sont six hommes à sortir de la voiture et à entourer le chauve.

 

"Vous le reconnaissez?"

 

Me demandent les flics. 

  

"Mais j'ai jamais baisé cette pute!"

 

Annonce le chauve.

 

Un ange passe.

Les six flics se tournent tous alors vers moi.

 

"J'allais à un blindate"

 

Je rétorque comme pour justifier ma tenue.

Mi rassurés mi déçus, mes nouveaux amis questionnent le chauve au sujet du vélo. Le chauve annonce l'avoir acheté il y a quelques jours à une tierce personne dans la rue. J'ai envie de lui demander s'il a le reçu comme le font les vendeurs de rue à Miami (voir Ami Ami, American Story) mais je réalise que personne ne me prendrait au sérieux. Je m'abstiens.

Les flics me demandent si je reconnais formellement mon vélo. Oui. Si je souhaite le récupérer. Ba oui, j'ai pas traversé tout Tel Aviv sur des échasses pour finalement abdiquer si prês du but. Si j'ai l'intention de porter plainte pour vol.

 

Citoyens de Rome, vous êtes là ce soir pour assister à l'éventuelle mise à mort d'un gladiateur. A votre droite, le voleur chauve trentenaire, le perdant (il perd son honneur et son vélo) et à votre gauche, la championne Ninon Gold qui va devoir décider du sort du malheureux.

1/ Si elle porte plainte, elle doit aller dès ce soir au commissariat. Habillée très court, on va encore une fois la prendre pour ce qu'elle n'est pas, ça risque de durer des heures, elle commence à avoir faim et aimerait bien terminer sa soirée avec un drink en compagnie du Shahar et plus, si affinités.

2/ Si elle opte pour la clémence et décide de ne pas porter plainte, elle file avec son vélo et a tout juste le temps de ne pas arriver trop en retard à son deuxième combat de la soirée avec l' adversaire de taille, l'invaincu Shahar.

 

"Je ne vais pas porter plainte".

 

La foule, avide de sang, rage. Le Chauve, rassuré, est quand même agacé de devoir rendre le vélo. Les flics me matent et moi, Ninon Gold, victorieuse, fais mes adieux aux citoyens de Rome et chevauche ma tendre épave tout en me demandant comment diable vais je réussir à pédaler avec mes talons de 15 centimètres et ma robe qui m'arrive juste en dessous des fesses.

Par ninongold
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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 16:54

ninon-money.jpg"Je suis désolé Madame, nous n'acceptons plus les billets de 500 euros. Et encore moins cinq billets de 500 euros".

 

 

Je jette à ce petit teigneux bedonnant de vendeur chez Pixmania un regard plein de mépris.

Pour le "madame" en premier temps, question de principe puis pour le coup des billets de 500.

A croire que moi, Ninon Gold, fidèle Loup sur les épaules, mini robe noire moulante, crinière relevée en chignon stricte et stilettos sans fin, j'ai un look de trafiquante!

 

Ce n'est pas parce que mon nouveau job me fait manipuler des liasses de billets de 500 euros que je suis un faussaire, arnaqueur de braves français qui cotisent pour leur retraite. Flûte alors.  Moi aussi je cotise après tout! Oui monsieur le juge, je cotise pour me payer un manteau en cachemire Eric Bompart.

 

Il faut savoir qu'après des mois de recherche, j'avais enfin trouvé le métier idéal. 

Assistante personnelle d'un Slovaque gay multi millionnaire qui s'enrichit en créant des sites internet coquins et qui prend plaisir à redistribuer sa fortune.

 

Ma fonction? Faciliter la vie du bonhomme. Trouver la meilleure assurance pour sa Ferrari, lui acheter des valises Hermes, faire recharger ses Montblanc, engager un grand chef français pour lui préparer son quatre heures, faire venir une esthéticienne pour son bouledogue, choisir des bijoux pour ses jeunes amants, le tout dans la plus haute discrétion que je n'ai pas mais que je sais simuler ainsi qu'une grande dose de professionnalismequi se situe surement quelque part entre mes douze centimètres de talons et mon chignon de secrétaire avertie.

Inutile de préciser que le salaire est en conséquence.

 

D'après mes petits calculs financiers, je roule en Ducati Monster, de ma J12 donne l'heure et dévalise French Trotter dans quatre mois d'agréable labeur.

 

Dieu, de tout mon coeur, merci! Je ne sais pas encore ce que j'ai fait pour mériter ça, mais merci.

 

Retour chez Pixmania.

Le teigneux me regarde de son oeil rond.

"Appelez moi le responsable, s'il vous plaît Monsieur" J'insiste sur le Monsieur.

Le nabot me répond qu'il est lui même le responsable, Madame. Je note qu'il prend un délicieux plaisir à prononcer ce dernier mot.

 

Je suis en pleine cellule de crise. Si je rentre chez mon Slovaque sans les cinq Ipad qu'il a commandé, j'échoue dans ma mission. Le Slovaque, déçu, risquerait de me congédier et là, adieu veau vache Monster...

Cette pensée m'effraie. Ne pas perdre ce job, ne pas perdre ce job, ne pas perdre ce job.

 

Je commence à angoisser sérieusement lorsque je me rappelle avoir croiser une BNP sur le chemin! Eurêka! J'ai un plan! Je vais déposer les billets de 500 euros sur mon compte en banque et payer ces fichus ipad avec ma carte visa.

Je suis toute excitée, j'aime lorsque les épreuves de la vie sont si simples.

 

Je file à la banque, me présente à la guichetière, une pauvre femme au regard triste, plein d'ennui et lui dépose les billets l'air mi malicieux mi secret ambiance "Oui, Madame, je suis quelqu'un de très important avec beaucoup d'argent".

La femme s'en contre fiche. Soit.

 

Je sors de la banque et remarque une échelle sous laquelle je passe sans me poser de questions, je ne suis pas superstitieuse.

Sauf qu'à peine arrivée devant le nabot de Pixmania, c'est avec horreur que je réalise que je n'ai pas ma carte visa.

Je tremble. Le nabot me regarde. Je lui explique honteusement la situation. "Retournez à la banque et retirez le tout en billets de 100 euros.

Pas bête le bedonnant. En un instant, toute la haine que j'éprouvais contre lui s'évapore, je commence même à lui trouver un certain charme.

Je sors une seconde fois du magasin et repasse sous l'échelle, juste pour prouver au commun des mortels que je n'ai peur de rien et que je suis invincible..

 

La même guichetière triste. Elle s'ennuie, je vais lui apporter un peu d'action, je nous sens supérieure à la race humaine, moi, mon Slovaque et tous nos beaux billets.

Sauf que lorsque la guichetière me demande ma carte d'identité et que je me rends compte qu'elle n'est pas non plus en ma possession, je fais moins la maline. J'ai beau lui dire que j'ai la carte Séphora à mon nom, la vieille peau ne veut rien entendre. Je lui rappelle que j'ai déposé à l'instant cinq billets de 500 euros sur ce même compte, 

"Je me souviens très bien de vous Mademoiselle, mais pour un retrait, j'ai besoin d'une pièce d'identité Mademoiselle" .

"Mademoiselle". Je la méprise du plus profond de mon être.

Je tremble à nouveau. Rentrer chez le Slovaque sans les ipad et sans les billets, ça me glace le sang.

Je vais être dans l'obligation de fuir le pays, partir dans un petit village d'Amérique Centrale. Me refaire une identité, me cacher d'Interpol et parler espagnol.

Retour à la réalité au guichet de la BNP. Si je m'en sors, je change de banque! Ca grogne derrière moi, des clients impatients. Je ne vais quand même pas chialer!

 

Je décide de partir comme un prince, sors de la BNP la tête haute et m'installe sur un banc en face de Pixmania, au frais, pour reprendre mes esprits. Rien ne va plus. Je lève les yeux au ciel.

"Dieu... Si vous m'aimez comme je vous aime..."

Soudain, un coup de tonnerre et c'est le déluge, sur moi, comme dans une caméra cachée ou François l'Embrouille (sorry si mes références choquent parfois) me balancerait un seau d'eau au visage tout en disant qu'il n'a pas fait exprès. Le ciel est noir, Dieu m'envoie sa foudre, je suis trempée, je vais sûrement en crever mais je suis incapable de bouger d'un poil de Loup.

 

Toutes ces galères, est ce parce que je suis passée deux fois sous cette fichue échelle? Je ne crois pas en ça moi, les chats noirs, les vendredi 13, les cimetières indiens, ça fait tellement de choses à retenir que je préfère croire en une et une seule chose, Dieu. Un Dieu qui visiblement n'est pas de mon coté ce jour là. Je pense au beau manteau en cachemire Eric Bompart qui me nargue. Je pense à mes derniers jours aussi. Car non, je ne fuirai pas en Amérique Centrale, je n'aurai pas le temps, le Slovaque va envoyer ses sbires à mes trousses, je peux déjà sentir leur souffle chaud dans mon cou.

Je me lève d'un bond, je dois repasser sous cette échelle maudite pour conjurer le sort. Tout en avançant vers le lieu du crime, je m'arrête net lorsque je vois un ouvrier replier l'échelle sous mon nez. "Monsieur, avant que vous ne remballiez, est ce que je peux passer dessous une troisième fois?" Phrase que je n'osai PAS prononcer et c'est ainsi que je vis disparaître sous mes yeux le vulgaire objet qui créa la perte de Ninon Gold.

 

Le soleil réapparut en même temps que le vendeur d'Ipad teigneux qui brandit sa carte. Il ne va tout de même pas oser me draguer ce connard de nabot bedonnant!

"Si vous revenez pour les ordinateurs, voici mon nom sur la carte, histoire que je me fasse ma commission, merci Madame".

Je reste sans voix et c'est trempée jusqu'aux os et le coeur gros que je me dirige vers le métro.

 

Arrivée chez le Slovaque, j'ai eu le temps de reprendre confiance. Je vais lui dire la vérité. Après tout, mon histoire est tristement drôle, il se peut qu'il se marre mon Slovaque. Et de toutes façons, je lui rends son argent demain, dès que j'ai remis la main sur cette carte visa de malheur.

Je frappe à la porte de son immense maison de Neuilly sur Seine, espérant qu'entre temps il soit devenu amnésique. C'est le chauffeur-garde-du-corps qui ouvre la porte.

"Le Slovaque (nous le laisserons sous cette identité) est rentré en Slovaquie." Me sort il. "Il ne reviendra plus à Paris, merci pour tout et voilà votre paye de la semaine ainsi qu'une petite indemnité". L'homme me tend une enveloppe et ferme la porte.

 

J'avais envie de lui dire pour les ipad, l'argent, l'échelle et tout mais j'ouvre l'enveloppe et reste bouche bée devant cinq beaux billets de 500 euros.

Y'a une boutique Eric Bompart à Neuilly?

 

Par ninongold - Communauté : On n'est pas là pour...
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 16:24

zoo1.jpg

Tiens, tiens, j'ai déjà croisé ce perroquet blanc... A croire que je tourne en rond. Cette fois ci je vais prendre à droite, d'après le plan, je suis sensée arriver en territoire pingouins.

Je commence à avoir très chaud. Au début, ça m'amusait de jouer les aventurières perdues de Jungle Island  mais là, de ce fichu zoo, je ne vois que cet irritable perroquet.

Le soleil tape et lorsque je retombe nez à nez sur le piaf qui me regarde de son oeil rouge et rond, une bouffée de rage mêlée à une envie de chialer me prend. Trop fatiguée pour invoquer la fidèle cellule de crise, je m'affale sur un petit banc de bois et ferme les yeux.

 

Je pense à mon loup.

Endormi dans la "valise hiver", il ne doit pas s'imaginer un seul instant que sa mère porteuse, Ninon Gold, passe ses journées à moitié nue dans une ville ou la seule fourure visible est celle des mauvais postiches qu'utilisent les porto ricains condamnés à la calvitie.

Mon loup me manque.


Je rouvre les yeux et à mon grand désespoir, je suis toujours là, coincée sur cette île de malheur telle une rescapée du vol Océanic 815. Comment en suis je arrivée là?

 

Il faut savoir qu'après avoir parcouru Miami à vélo, by night, by boat, qu'après m'être cramée le museau dans les pool party select, m'être saoulée à la redbull vodka jusqu'à en oublier mon nom, avoir posé le pied sur l'île des milliardaires et vécu tout un tas d'autres fantaisies, moi, Ninon Gold, je commençai sérieusement à m'ennuyer.

Je voulais l'aventure, la vraie.


Voilà ce qui me poussa ce matin là, à me rendre à Jungle Island.

Le nom exotique et le flyer représentant un homme très beau caressant un lémurien à poils longs ne pouvaient que me donner encore plus envie.

Je m'imaginais déjà au milieu d'une forêt tropicale sans merci, poursuivie par un python affamé. J'aurais trouvé refuge dans la cage des singes à longs bras qui se seraient battus contre le crocodile géant et auraient fait de moi leur reine jusqu'à ce qu'un Tarzan Ranger vienne à ma rescousse et blablabla.


La réalité est toujours nettement moins excitante.

Pleins de mioches hurleurs qui grouillent autour de moi. Des mioches qui ont sûrement déjà vu les pingouins, les kangourous et les tigres alors que moi, je tourne autour du même perroquet depuis une demi heure.

Je vais lui montrer moi au commun des mortels que je sais lire un plan! Déterminée, j'avale calmement la dernière gorgée de ma bouteille d'eau, lance un regard meurtrier au perroquet et reprend ma quête. Je risque l'insolation, certes, il me faudra peut être boire l'eau verdâtre du ruisseau mais advienne que pourra et Ninon Gold n'a peur de rien.

Plus je m'enfonce dans la jungle et plus les voix des enfants excités s'éloignent. Je suis seule. J'entends des cris de singes, des chants d'oiseaux, je sais pertinemment que c'est une bande son enregistrée mais je joue le jeu. Je vis enfin mon aventure. Je sors le plan de ma poche. D'après mes calculs, je devrais approcher du quartier des alligators. J'entends alors comme un frottement au bord de la rivière. J'avance à pas feutré, je vais peut être surprendre un vilain croco en train de dévorer un brave héron.

D'un coup, des hurlements de terreur proviennent de derrière moi tandis qu' un énorme lézard détale entre mes jambes. Je me retourne, une dizaine de mioches tapis dans la jungle qui me regardent et se mettent à pleurer. Sous mon pied, l'énorme queue de l'énorme lézard que les mioches devaient sûrement observer sans faire de bruit. Sur ma personne, le regard horrifié de la guide qui doit encore me haïr à l'heure qu'il est, à croire que j'ai participé à la disparition d'une espèce menacée.

Les queues de lézard, ça repousse de toutes façons, non?

Je file à mon tour, la queue entre les jambes, espérant de jamais croiser la horde d'enfants vengeurs.


Pensant enfin arriver en terrain pingouin, c'est avec stupéfaction que je retrouve l'ami perroquet, toujours aussi seul et désespéré dans sa triste cage. Je m'approche de lui, décidée à communiquer avec le volatile. Après tout, si c'est le seul animal que je dois croiser ici, autant essayer de m'y intéresser un peu. C'est alors que l'oiseau se met à piailler de toute ses forces et battre des ailes comme un fou furieux. Dame Nature a t'elle eu le temps de lui raconter l'épisode queue-de-lézard-coupée? 

"Non, je ne suis pas une tortionnaire! C'était un accident!"

Pas moyen de calmer la boule de plumes! Très bien, j'abdique! Je rends les armes! Je me retire comme une reine d'autant plus que j'entends les pas des mioches qui se rapprochent.

Dieu, sauve moi! Je lève les yeux au ciel et je le vois, le panneau EXIT que je suis comme les Rois Mages en Galilée suivirent l'Étoile du Berger.

 

Je hais les zoos, je hais Jungle Island, je hais les lézards, je hais la nature...

J'arrive à la sortie et me fait alpaguer par un jeune guide très mignon vêtu comme Tintin au Congo qui me propose d'aller caresser des lémuriens. Petite lueur d'espoir dans mes yeux naïfs.


En tant normal j'aurais sauté sur l'occasion, Tintin musclé et sexy dans son petit short beige qui enroule une étole de fourrure rare autour de mon cou mais après les épisodes lézard et perroquet, j'ai peur de me faire mordre par le sac à puces.

Je prends alors mon regard le plus triste et annonce à Tintin que je suis allergique au poil de bête. Plein de compassion, Tintin pose sa main sur mon épaule et me propose alors une visite guidée du zoo en voiturette. J'explose de plaisir. A moi les tigres et les kangourous!

 

Confortablement installée dans le carrosse, dépassant le commun des mortels qui marche humblement à mes côtés, j'ai définitivement envie de mourir lorsque l'on s'arrête brusquement à un certain croisement, devant une certaine cage et que Tintin me sort "Lui c'est Jack, le perroquet albinos. Tu vas pouvoir le prendre sur ton épaule. Les allergies aux plumes, ça n'existe pas, n'est ce pas?"

Et comme une digne fin d'épisode de Tintin, la caméra s'éloigne peu à peu mais on peut encore entendre le rire juvénile de Tintin et les grognements de rage d'un capitaine Haddock incarné aujourd'hui par ma personne...



 


Par ninongold - Communauté : On n'est pas là pour...
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